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Des raquettes si techniques ?

Savez-vous ce qui différencie les raquettes « entrée de gamme » de celles dites « haut de gamme » ? Si ce n’est pas le cas, alors on va essayer de vous éclairer un petit peu ;-)

D’abord une évidence : une raquette est un objet (très) technique, avec la possibilité pour les équipementiers de faire varier et d’ajuster de nombreux paramètres qui auront un impact sur le comportement de la raquette. La géométrie, les matériaux, la construction sont les principaux.

Le carbone

Le premier des paramètres, et certainement le plus important, c’est le type de carbone utilisé. Pour faire simple, il existe 2 grands fabricants, japonais, utilisés par la grande majorité des équipementiers. Ces 2 grands fabricants proposent un catalogue de grades de carbone, entre « Standard », « Intermediate », « High Modulus » et « Ultra High Modulus ». Seuls les grades « Intermediate » (IC) et « High Modulus » (HMC) sont généralement utilisés pour une raquette. L’écart de coût entre les grades est important, et on peut mixer : une tige en HMC et une tête en IC, en fonction de ce qui est souhaité comme comportement. On parle de carbone, mais en réalité les fabricants parlent de « PrePreg », qui est un amalgame de fibres de carbone et de résine. La résine va avoir des caractéristiques particulières et va fondre pendant le processus de moulage, permettant de coller les fibres de carbone entre elles. Si vous vous posiez la question de savoir si les technologies des marques ne sont que du marketing, il est clair que des technologies comme « Nanoalloy » ou « Pyrofil » sont des vrais choix de conception. Quant aux autres pseudo-technologies qui se finissent souvent en « tech », « flex » ou « ultra », là par contre on ne pourra pas le confirmer ;-)

Les moules

Le second paramètre important, c’est le moule, qui va donner la géométrie de la raquette. Un moule à raquette c’est un peu comme un moule à gaufre : il s’ouvre en 2 parties, la forme de la tête, ou de la tige, est creusée à l’intérieur, et on va disposer le carbone dedans pour qu’il prenne la forme souhaitée après avoir été chauffé. Parfois cette opération est mal maîtrisée, ce qui se traduit par un déséquilibre de la raquette, que l’on détecte assez facilement en faisant tourner la tige dans la paume de sa main. Si la raquette ne tourne pas parfaitement, il y a certainement un problème de répartition des masses, et malheureusement ce problème n’est pas réservé qu’aux raquettes entrée de gamme… Un seul moule peut servir pour plusieurs types de raquettes, de l’entrée de gamme au très haut de gamme, du très flexible au très rigide. Les têtes et les tiges sont assemblées via un « T joint », pièce centrale en forme de T qui permet de lier les 2 parties. On peut donc choisir une tige et plein de têtes différentes, et vice-versa, permettant de multiplier les modèles sans multiplier les moules. A ce propos, on vous le confirme : le vrai moteur de la raquette réside dans la tige, et pas ailleurs. Le « shaft » est la pièce chargée de technologie, et sa géométrie est primordiale : trop fin et vous dégradez confort et performances, trop épais et là c’est le dynamisme qui s’envole…

Le plan de perçage

Enfin dernier paramètre important, le plan de cordage. Le plan de cordage c’est l’ensemble des trous percés sur le cadre et des œillets qui permettent de faire passer les cordes. Les équipementiers peuvent décider de plan de cordage plus ou moins denses, avec des œillets simples ou doubles. Un plan de cordage dense aura un impact sur la rigidité de la raquette mais pourra fragiliser la tête…

Sans A Priori

Alors la rigidité, l’équilibre, le poids, les critères classiques de choix d’une raquette, on en fait quoi ? Eh bien au risque de vous décevoir, ces critères sont finalement assez faciles à contrôler, y compris en utilisant les mêmes moules, le même carbone et le même plan de cordage. Il suffira de rajouter ou d’enlever du carbone afin d’ajuster les caractéristiques de la raquette et de les maintenir dans les intervalles de tolérances souhaités. Donc un conseil :  n’hésitez pas à tester les raquettes et discutez avec votre shop préféré : vous pourriez être surpris par des modèles entrée de gamme au comportement proche de haut de gamme, et l’inverse. Car au final, les combinaisons ne sont pas infinies et les ruptures technologiques pas si fréquentes.